PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

 
                                                   LA GRÂCE DES FIGURES DE SAINTETE

 


   Le chemin que Dieu propose à chacun est éminemment personnel, éminemment original. Certes, sur ce chemin avec Dieu, il y a des grandes balises, des grandes constantes –ce sont les commandements (aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme; aimer son prochain comme soi-même)– mais à l'intérieur de ces grands cadres, les parcours de chacun sont aussi riches que l'inventivité de l'Esprit Saint. Fruits de l'immense fécondité de la sagesse créatrice, et fruits plus riches encore de l'œuvre de la rédemption dans la mort et la résurrection de Jésus, nos histoires, avec leurs lignes droites et leurs courbes, leurs ascensions et leurs descentes, offrent une merveilleuse mosaïque, dont on ne comprendra la beauté et l'unité globale qu'à la lumière de la miséricorde, dans le Ciel. Mais parmi toutes ces histoires, certaines sont plus lumineuses, certaines sont plus belles à regarder, ce sont les histoires des saints. Les saints ont ceci de touchant qu'ils ne sont pas le Christ, qu'ils ne sont pas Dieu, et alors on peut se sentir très proches d'eux: ils sont passés par les mêmes fragilités que nous –et parfois, malheureusement, les mêmes péchés!–, mais ils ont avancé, et notre joie est de savoir aujourd'hui qu'ils sont parvenus au bout du chemin: ils voient Dieu et sont entrés dans l'éternité de la communion, de la charité, du bonheur. En ce mois de mai, on pense bien sûr à Saint Joseph (qui a eu sa fête un peu éclipsée cette année en raison des Rameaux et de la Semaine Sainte, mais il est honoré le 1er mai), on pense à la Vierge Marie, et cette année, St Eugène de Mazenod est particulièrement à l'honneur en raison des 200 ans de la fondation des Oblats de Marie Immaculée. Mais on a aussi en perspective la canonisation de Mère Teresa (le 4 septembre) et du jeune Cristero mexicain de 14 ans José-Luis Sánchez del Rio (le 16 octobre), et d'autres…
    Les saints ont été enracinés dans une histoire. Ils n'ont pas fui les contingences ni les contradictions de leurs temps. Ils sont très marqués par leur époque, leur pays, les événements qui les ont affectés en même temps que leurs contemporains, mais ils ont eu une réponse qui a un éclat d'éternité. Ils ont été un reflet de celui qui s'est fait vrai homme en même temps qu'il était vrai Dieu.
    Les saints nous touchent par l'authenticité de vie évangélique qu'ils ont vécue. En les voyant, c'est comme si, au milieu d'une foule de pierres "communes", on tombait tout d'un coup sur un diamant très pur. Les saints nous surprennent, parce qu'ils semblent nous dire, à des centaines d'années de distance ou bien très proches de nous: "Tu sais, je n'ai rien fait d'extraordinaire, j'ai simplement voulu prendre au sérieux l'évangile et vraiment le vivre".
    On met parfois les saints sur un piédestal, on leur aménage une petite niche et on leur fait une belle statue. Je me souviens d'un jeune qui me disait un jour: "Je n'ai pas envie d'être affiché comme ça, dans l'église" – mais il ne faut pas oublier qu'au-delà de ces représentations, ils sont avant tout pour nous des frères et des sœurs. La reine de tous n'est-elle pas toute proche de nous, une mère ?
    Alors tandis que nous faisons davantage mémoire de l'un ou l'autre, que la compagnie aimante et fraternelle des saints nous encourage et nous stimule pour répondre aujourd'hui au chemin unique que Dieu nous propose.

                                                                                                          P. Yann POINTEL