PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE


                       


             ET NOUS QUI ESPERIONS QU'IL SERAIT LE LIBERATEUR D'ISRAEL



Les disciples qui s'éloignent de Jérusalem le soir de Pâques et qui font route vers Emmaüs sont remplis de tristesse. Après avoir suivi Jésus, ils s'étaient pris à rêver d'un avenir meilleur. Ils pensaient qu'avec ce "prophète", les temps allaient changer, les choses iraient mieux dans le monde, mais le soir de Pâques et dans la suite, c'est le même pouvoir calamiteux qui règne à Jérusalem et qui va perdurer encore tout un temps. "Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël". Qu'est-ce qui a changé pour les disciples ? – extérieurement, pas grand-chose, mais dans leur rencontre avec Jésus ressuscité, ils découvrent ce que Dieu a choisi de faire triompher. Jésus a vécu jusqu'au bout la fidélité aux commandements de Dieu, Jésus a vécu jusqu'au bout la mise en pratique de la volonté de son Père. Extérieurement, Jésus n'a pas changé beaucoup l'organisation de la vie concrète, mais il est passé par cette vie en se gardant pur des dérives de sa génération et en ayant pour boussole dans sa vie la Parole de Dieu, la mise en pratique à son niveau de ce que Dieu demande.

Le soir de Pâques, les disciples d'Emmaüs ne découvrent pas que le monde a radicalement changé, mais ils découvrent que Dieu a fait passer à la vie éternelle quelqu'un qui n'a pas suivi le monde mais qui, au milieu du monde, a été fidèle à ce qu'Il veut. Au soir de Pâques, avec les disciples d'Emmaüs, nous voulons réentendre les accents de la lettre à Diognète, cette lettre écrite dans les premiers siècles où un témoin raconte la manière de vivre toute nouvelle et étonnante des premiers chrétiens: "les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres (…) ils se conforment aux usages locaux (…) tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. (…) Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre l'emporte en perfection sur les lois. (…) On les méprise et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. (…) Ne faisant que le bien, ils sont châtiés comme des scélérats. Châtiés, ils sont dans la joie comme s'ils naissaient à la vie. (…) En un mot (…) les chrétiens habitent dans le monde mais ne sont pas du monde", etc… Le soir de Pâques, Jésus n'a pas changé radicalement la vie, mais il a ouvert un chemin à tous ceux qui, dans le monde, ont envie, un jour, d'entrer dans la vie éternelle. Il ne faut pas attendre pour cela que la structure de la société change, mais il faut apprendre, à la suite de Jésus, à s'attacher à ce qui, pour Dieu, ne passera pas. Les disciples d'Emmaüs ont constaté ce que Dieu avait fait triompher, à leur suite, vivons ce qui pourra nous ouvrir un jour la vie éternelle.
        
                                                                                                                                                    P. Yann POINTEL