PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

  
                                                    NOËL, UN FAIT HUMBLE,SIMPLE et BON



                                      


Avec le temps de Noël, ont ressurgi –comme l'an dernier– des polémiques agressives sur la crèche, sur Noël. Quand on est un peu habitué au combat spirituel, on ne s'étonne pas que Quelqu'un s'énerve quand on s'approche de Dieu, et que ce Quelqu'un fasse tout pour nous dissuader, pour nous embrouiller, pour nous diviser à l'approche de Noël. Ce Quelqu'un, comme il ne peut pas s'attaquer au fait lui-même (il n'a aucune prise sur Jésus), trouve de multiples combines pour détourner de l'essentiel, pour faire oublier le cœur de Noël… Il focalise par exemple l'attention sur les à-côtés: le sapin, les cadeaux, le menu du repas, les chocolats, etc… Alphonse Daudet, dans Les trois messes basses, a décrit d'une manière savoureuse ce mécanisme de la tentation où un pauvre curé se laisse complètement détourner de la célébration de la messe parce qu'il pense au menu du repas… et le démon lui fait miroiter tour à tour tous les ingrédients. Le cœur de la relation à Dieu passe alors à la trappe !

Mais Noël est un fait. Noël est un événement: un petit enfant vient au monde… en cela, rien de bien extraordinaire… sauf que ce petit enfant est Dieu lui-même… et là est tout l'extraordinaire: désormais, notre vie n'est plus banale, ordinaire, elle est sanctifiée par la présence de Dieu. Dieu nous aide à faire de chaque instant un petit ciel sur la terre.

Noël est un fait humble… la naissance à Bethléem, un soir, dans une étable, en marge d'un grand recensement s'est faite discrète, sans tapage. L'amour ne fait pas de bruit. En ayant l'idée de la première crèche, à Greccio, en 1223, Saint François d'Assise a remis à l'honneur cet aspect humble, discret de la crèche.

C'est dans la simplicité que l'enfant-Dieu vient au monde. On croit parfois qu'il faut faire de grandes choses pour manifester de l'amour, mais ça peut être un écran de fumée, un paravent, un feu de paille… Jésus a souvent attaqué les pharisiens hypocrites pour qui tout l'extérieur était bien lustré, mais qui, dans leur cœur, étaient pleins de jugements, de médisances, de dureté. A la crèche, la dureté est à l'extérieur, mais entre Jésus, Marie, Joseph se partage un amour simple, l'amour d'un père et d'une mère, l'amour d'un enfant, l'amour de Dieu pour tout homme.

Noël veut dire au monde la bonté. Rien d'agressif dans la crèche, sauf pour celui qui ne supporte pas la lumière du cœur, de l'amour. Dans la crèche, la bonté est celle d'une nouvelle vie célébrée, de bergers émerveillés, d'une espérance donnée, d'une joie partagée.

Ne nous laissons pas détourner du fait humble, simple et bon que nous célébrons à la crèche, mais accueillons plutôt tout ce qu'il nous apporte et soyons-en les témoins. Joyeux Noël !

 

                                                                                                                                                                                                                             P. Yann POINTEL