PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE



                                                                            JUSQU'AU BOUT













Ce mois d'avril est rythmé par de grands événements: entre la fin du carême, la SEMAINE SAINTE, et les grandes festivités de Pâques.

40 jours de carême… il faut maintenant tenir jusqu'au bout: c'est sur la fin que nos bonnes résolutions sont les plus dures à garder, mais c'est aussi sur la fin qu'elles portent le plus de fruit; c'est sur la fin que notre conversion devient capable de franchir l'étape de la constance.

La Semaine Sainte va nous donner l'occasion de voir comment Jésus, le premier, est allé jusqu'au bout.

Il est allé jusqu'au bout de l'abaissement, ne voulant laisser aucune souffrance, aucune épreuve, aucun pécheur loin de la proximité de Dieu. "Il a tellement pris la dernière place que jamais personne ne pourra plus la lui ravir" disait le bienheureux Charles de Foucault. Nous contemplons comment Jésus a accepté d'aller jusqu'au bout de l'épreuve qui lui était proposée. Il n'a pas fait demi-tour, il ne s'est pas révolté. Son exemple est un exemple de persévérance.

Il est allé jusqu'au bout de la fidélité. Au pied de la croix, tous –sauf quelques femmes (sa mère), St Jean, l'ont abandonné. Sur la croix, il ne ressent plus aucune présence du Père, il n'a de lui aucune réponse, et cela, jusqu'à la mort. Et pourtant, il est resté fidèle, livrant simplement une plainte: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Mt 27,46; Mc 15, 34). Quel exemple, quand, aujourd'hui, on veut se quitter pour le moindre manque de retour.

Il est allé jusqu'au bout de l'amour. "Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'au bout" dit Saint Jean (13,1). Le ministère public avait été marqué par de nombreuses guérisons, de nombreux miracles, de "belles paroles", mais la passion nous fait contempler à quel point Jésus ne s'arrête pas seulement à des bienfaits extérieurs, il se donne lui-même. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime" (Jn 15,13).

Mais tous ces beaux gestes, ces actes héroïques n'auraient qu'une valeur hyperbolique –c'est-à-dire la valeur de l'extrême, la beauté de l'excès ("je trouve ça très bien, mais très peu pour moi")– si ils n'étaient accompagnés en fait d'un fruit qui est la récompense donnée par le Père à toute cette fidélité, à toute cette patience, à toute cette bonté. Le fruit est le fruit de la résurrection… et nous contemplons dans cette résurrection comment Jésus mène jusqu'au bout le projet de Dieu. Il sauve, il élève, il introduit dans la réalité divine.

 

Que ceci nous invite à vivre nous aussi nos "jusqu'au bout": jusqu'au bout du carême, de la persévérance, de la fidélité, de l'amour, de la vocation, etc…
            
                                                                                                                                                    P. Yann POINTEL