PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE











   
                                                  





                                               L'ANNEE SAINTE DE LA MISERICORDE




Le 8 décembre, nous entrons, avec toute l'Eglise, dans le grand JUBILE de la MISERICORDE, proclamé par le Pape François, une "année" (jusqu'au 20 novembre 2016), où nous sommes invités à être tout particulièrement attentifs à cet aspect de la miséricorde à travers les événements de l'Eglise, à travers les événements du monde, et à vivre à notre tour la miséricorde: "aimez vos ennemis (…) alors vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux" (Lc 6,35-36). "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés".
L'icône choisie par notre diocèse pour cette année (en page de couverture) nous parle de cette miséricorde: elle nous parle du Fils qui n'épargne pas ses efforts, qui ne compte pas sa fatigue et sa peine pour venir rejoindre le plus blessé, le prendre sur ses épaules, et le ramener vers le Père. Cette icône s'inspire de la parabole de la brebis perdue: cet homme qui se réjouit pour un seul qu'il a retrouvé et qui s'est converti, plus que pour 99 qui n'ont pas eu besoin d'être réconciliés, d'être pardonnés (cf Lc 15,4-7). Cette icône nous parle de Noël, de la démarche de Dieu infiniment humble, qui vient se faire l'un de nous, qui vient se faire proche, qui vient avec un visage de paix, pour "comme nous prendre sur ses épaules" et nous ramener vers Dieu son Père: nous le faire connaître, nous en montrer le chemin, nous élever jusqu'à lui. A Noël, Dieu prend la place qu'on lui laisse (quelle humilité, quelle miséricorde !), il n'a pas peur de venir dans une humble crèche. Il connait toutes les duretés des hommes qui ont refusé d'ouvrir leur porte ce jour-là, mais il vient dans la part qui a su rester libre pour tout de même le recevoir. Chacun de nous a ses duretés, a ses enfermements, a ses refus, mais chacun a aussi sa part de bonté, sa capacité à se laisse attendrir, à être bienveillant. Dieu cherche la porte restée ouverte, même si c'est celle d'une humble crèche, pour y déployer son amour.
L'année de la miséricorde nous invite à nous laisser rejoindre. La lecture qu'on fait le 1er jour du carême nous le rappelle chaque fois: "Laissez-vous réconcilier avec Dieu" (2 Co 5,20, mercredi des Cendres). "Laissez-vous", parce que le plus difficile à lâcher est cette espèce d'emprise tenace que nous avons sur le péché lorsque nous l'avons commis: l'avouer à un prêtre ? – vous n'y pensez pas ! En demander pardon ? – certainement pas… on préfère l'enfouir au fond de notre mémoire. L'année de la miséricorde est ce temps propice pour redécouvrir le visage du Père qui ne vient pas condamner, qui ne vient pas enfermer, mais qui vient sauver, libérer. "Laissez-vous réconcilier avec Dieu". Peut-être certains n'ont pas fait la démarche de la réconciliation et du pardon (le sacrement dans la confession) depuis plus d'un an, peut-être d'autres ont un pardon à demander ou à donner à quelqu'un… tous, nous avons à avoir sur nous-mêmes et sur les autres un regard de miséricorde qui s'inspire du regard que Dieu lui-même a sur nous.
Que cette année de la miséricorde, pour chacun et chacune, pour notre monde, nous permettre de redécouvrir ce regard de miséricorde du Père, qu'elle soit riche de bienfaits pour tous.


                                                                                                                                      P. Yann POINTEL