PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

PAROISSE SAINT ANTOINE DE PADOUE

 
               




                                                     COMME LE PERE EST MISERICORDIEUX



Nous allons entrer en carême, dans ce grand jubilé de la miséricorde, et le Pape François nous a tout de suite invités à nous centrer sur Dieu: Dieu est la source de toute miséricorde, il en est même le modèle quand, à notre tour, nous avons à être miséricordieux pour quelqu'un qui nous a offensés: "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux" (Lc 6,36).
Voir en Dieu la source de toute miséricorde, en prenant conscience d'abord de toutes les bontés qu'il a mises à notre disposition (notre monde ne regorge-t-il pas de richesses et de merveilles extraordinaires ? notre corps lui-même n'est-il pas un chef-d'oeuvre d'organisation et d'adaptabilité ? – les savants auront pu passer toute une vie sur un aspect de l'univers ou de l'homme, à la fin, ils n'auront pas encore fait le tour de toute la sagesse qu'ils renferment). Tant de bontés nous sont données, gratuitement, mais nous les considérons comme banales, "normales". Nous devrions brûler d'amour et de reconnaissance pour Dieu. Plus encore, alors que nous n'obéissons pas, fidèlement, aux commandements qu'il nous a laissés, alors que, selon la justice, nous ne pouvons prétendre à aucun droit ni mérite, il ne cesse, avec amour, de partir à la recherche de la brebis perdue, de vouloir réconcilier, pardonner. Le Père envoie jusqu'à son propre Fils, Jésus, pour que le chemin du salut nous soit malgré tout ouvert. Contempler combien nous sommes aimés, graciés, et dans le décalage entre l'amour de Dieu et notre réponse, voir à quel point Dieu est miséricorde, désirer être dans une attitude plus filiale –obéissante, aimante– à son égard, et utiliser tous les moyens qu'il nous offre dans les sacrements pour réduire la distance que creusent nos péchés.
Nous réconcilier devant Dieu, mais penser aussi aux démarches concrètes de pardon et de réconciliation que nous pouvons faire les uns vis-à-vis des autres. Est-ce qu'il y a en moi une amertume contre quelqu'un que je n'arrive pas à pardonner ? Est-ce qu'il y a peut-être aussi dans ma propre histoire des attitudes, des gestes où j'ai à me pardonner à moi-même, après avoir reçu le pardon de Dieu ? Est-ce que j'ai aussi à demander pardon à quelqu'un parce que mon attitude n'a pas été bonne, n'a pas été juste ? L'année de la miséricorde est une année de grâce pour demander à Dieu la force de retrouver la paix, de retrouver la communion là où elle a été blessée, de pardonner, d'être pardonnés.
Mais dans cette expérience de la miséricorde, l'enjeu essentiel se situe dans notre coeur: est-ce que notre coeur reste dur, fermé, orgueilleux ? ou bien est-ce que notre coeur, se sachant aimé, pardonné, accepte d'être à son tour compatissant, bienveillant, est-ce qu'il accepte de donner plus qu'il n'a reçu –puisque, dans le pardon, on veut redonner une chance, on veut redonner un amour là où il a été trahi–. Est-ce que notre coeur sait être touché de la misère de l'autre ? – "miséricordia" avoir un coeur touché par la misère. Une manière concrète de vivre ce coeur de chair est par le souci des pauvres, par les "oeuvres de miséricorde spirituelles et corporelles" comme le rappelle le Pape. Quelle gratuité suis-je capable d'avoir ? Quel don puis-je faire de moi-même pour aider, servir, partager ?
Qu'en tous ces aspects –vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis des autres, vis-à-vis des plus fragiles, des plus pauvres–, nous vivions un bon carême… la miséricorde nous fait communier à la joie du Père !

P. Yann POINTEL